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La tradition des cloches dans les vallées bergamasques

Malgré les changements profonds intervenus dans notre société, ‘sonner des cloches’ représente encore de nos jours une fonction artistique importante. Le but de notre site est de montrer combien la tradition campanaire est encore vive en Italie, notamment dans la province de Bergamo. Dans les provinces de Verone, Gênes et Boulogne, ainsi que dans l’Italie centrale, il y a des concerts de cloches, joués manuellement à l’occasion des plus importantes solennités religieuses.

Aux villes mentionnées ci-dessus, s’ajoutent aussi les vallées de la province de Bergamo, au coeur de la Lombardie, à cinquante kilomètres de Milan. Depuis 1750 les carillonneurs bergamasques ont développé une technique habile, transmise oralement au cours des générations jusqu’à ce jour. Afin de conserver et de diffuser ce patrimoine culturel, les carillonneurs de la Fédération des Carillonneurs Bergamasques presentent une infime partie de leur histoire et de leur répertoire pour illustrer les trois différents systèmes de production du son, c’est à dire: a distesa (à la volée), a tastiera (avec le clavier du carillon), alla romana (à la romaine). Le son à la volée bergamasque (qui est très different du son à la volée en France) est exécuté par des groupes de carillonneurs aux ordres d’un chef de groupe: on met les cloches ‘à verre’ en place et en tirant les cordes qui sont attachées aux roues des cloches elles-mêmes, on les fait descendre de sorte que le battant sonne en tapant contre la cloche. Le son ‘à clavier’ est donné par contre par des claviers rudimentaires composés de cinq, huit ou dix touches (selon le nombre de cloches), très semblables à ceux utilisés par les joueurs de carillon français, belges et hollandais. Le répertoire du son à clavier inclut des danses traditionnelles qui remontent au XVI et au XVII siècle ainsi qu’un grand nombre de valses, polkas et mazurkas, en plus de quelques sonates religieuses. Enfin le son ‘à la romaine’ (qui n’a rien à voir avec le style de musique caractéristique de la ville de Rome, où, par contre, on sonne comme en France) qui comprend une grande série de mélodies jouées avec quatre ou cinq cloches à clavier, auxquelles il suit à courte distance une ‘échelle musicale’ exécutée avec les trois ou quatre cloches qui ne sont pas reliées au clavier.

Au son des cloches, se superpose celui des ‘campanine’, de simples xilophones en verre, métal et cuivre qui étaient et qui sont utilisés par les carillonneurs pour apprendre et répéter les morceaux qui sont ensuite exécutés au clavier à l’occasion des solennités religieuses. Avec le temps, jouer avec les ‘campanine’ a fini par constituer un genre en tant que tel, permettant de réaliser des sonates pour cloches avec des virtuosités difficiles à reproduire sur le clavier des clochers.

Jouer des ‘campanine’ a conduit à la création de groupes musicaux comme l’Ecole Campanaire de Roncobello, formée de jeunes élèves entre huit et quinze ans, qui par leur savoir faire, participent à la transmission de l’art du sonneur de cloche aux nouvelles générations. Merci d’avoir visiter notre site. A chaque demande nous vous répondrons en français.